J'irai partout ailleurs
l'hirondelle la fumée les roses tropicales
c'est tout le matin ensemble
puis l'homme que l'on aime et que l'on oublie
je serai bien le jour
dans cette moisissure d'or
qui traîne dans toutes les capitales
et le tapis usé les ascenceurs
Je n'ai plus d'imagination
ni de souvenirs forcément
je regarde finir le monde
et naître mes désirs
Marie Uguay, L'Outre-vie
mardi 11 mai 2010
vendredi 7 mai 2010
Une deuxième fois
Deux mois, et on dirait que je n'ai pas écrit depuis des lustres. J'ai eu le temps d'aller au Salon du livre de Paris, où j'ai rencontré plein de gens super du milieu du livre. J'y ai présenté L'Immense abandon des plages, qui a été bien reçu en France. Un ma-gni-fi-que article de Michel Ménaché dans la revue Europe du mois de mars est paru juste à temps pour ma visite à Paris... un beau moment, franchement ! Ensuite, un petit détour par Bordeaux, où j'ai si bien mangé !
Ensuite, j'étais aussi au Salon du livre de Québec, pour le Noroît : là aussi, rencontres, lectures, salon, salon, salon...
Entre temps, j'ai lu deux livres superbes (eh ben j'en ai lu plus que deux, rassurez-vous, mais ils n'étaient pas tous superbes): L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery, excellent, surprenant, délicieux, drôle.... je l'ai lu à Paris, en plus, à l'hôtel, dans le métro... ! J'ai totalement «embarqué» dans l'univers des deux personnages si attachants.
J'ai aussi lu, pour une deuxième fois, Le premier jardin, d'Anne Hébert. Je l'avais lu au Cégep (en fait, sincèrement, dans l'autobus menant à Daytona Beach) alors que j'avais 18 ans. Je n'avais pas trop compris, je crois, tout le talent et la force des images que j'ai compris quand je l'ai lu cette semaine, à vingt-huit ans, dix ans presque exactement après ma première lecture. Quelle puissance d'évocation, quelle précision des images, quelle violence sourde dans ces mots parfaitement agencés !
Anne Hébert est pour moi un modèle dans l'écriture, je ne m'en suis jamais cachée. Ces temps-ci, il me prend le désir de relire ses livres que, pour la plupart, j'ai lu au cégep. Peut-être que je vieillis, peut-être que j'ai envie de me plonger dans son univers, poétique, violent, humain... en tout cas, je vous le suggère à tous. Pour moi, c'est chaque fois une lecture nourrissante.
vendredi 5 mars 2010
Un petit vers ce matin...
La ville se déplie et s'irise de tout l'ample délassement de l'air.
Marie Uguay, « Poèmes en prose », Poèmes, Boréal, 2005.
Il est venu avec des anémones
Non mais ! Quel beau titre ! et quel beau livre !
J'ai été happée, comme on dit, par le livre de Lyne Richard, publié chez Québec Amérique. J'ai visité, l'espace de ces presque deux cents pages, Roses-sur-Mer. J'ai humé l'odeur des roses, persistante, magnifique et parfois écoeurante.
Les personnages, toujours au bord de la folie, m'ont touchée, victimes d'une espèce de malédiction : « Ici, à Roses-sur-Mer, on croit que la mer sort ses couteaux la nuit et vient trancher les cordes vocales de ceux qui n'ont plus assez de mots pour la douleur.»
Je n'ai pas été étonnée que Lyne Richard soit aussi poète : ces récits, ces « nouvelles » dont chaque personnage principal habite ou est de passage à Roses-sur-Mer, sont empreints d'une douce poésie. Les mots sont bien choisis, il y a quelque chose de magique, de berçant, de magnifique dans ces courts textes bien ficelés, prenants, touchants.
Je crois que j'attendais d'être à nouveau émue et transportée pour réécrire un commentaire de lecture... et voilà !
Et j'adore l'idée du titre : les anémones, oui, sont de belles plantes à fleurs, mais également des animaux marins carnivores...
Le titre représente parfaitement le contenu. C'est beau, ça coule, c'est significatif sans jamais être lourd.
J'ai été happée, comme on dit, par le livre de Lyne Richard, publié chez Québec Amérique. J'ai visité, l'espace de ces presque deux cents pages, Roses-sur-Mer. J'ai humé l'odeur des roses, persistante, magnifique et parfois écoeurante.
Les personnages, toujours au bord de la folie, m'ont touchée, victimes d'une espèce de malédiction : « Ici, à Roses-sur-Mer, on croit que la mer sort ses couteaux la nuit et vient trancher les cordes vocales de ceux qui n'ont plus assez de mots pour la douleur.»
Je n'ai pas été étonnée que Lyne Richard soit aussi poète : ces récits, ces « nouvelles » dont chaque personnage principal habite ou est de passage à Roses-sur-Mer, sont empreints d'une douce poésie. Les mots sont bien choisis, il y a quelque chose de magique, de berçant, de magnifique dans ces courts textes bien ficelés, prenants, touchants.
Je crois que j'attendais d'être à nouveau émue et transportée pour réécrire un commentaire de lecture... et voilà !
Et j'adore l'idée du titre : les anémones, oui, sont de belles plantes à fleurs, mais également des animaux marins carnivores...
Le titre représente parfaitement le contenu. C'est beau, ça coule, c'est significatif sans jamais être lourd.
vendredi 22 janvier 2010
Vu d'ici, tout est petit, de Nicolas Chalifour
Voyez ce que j'ai pensé de ce roman paru aux éditions Héliotrope, et dites-moi ce que vous en avez pensé... j'avoue être curieuse de l'opinion des autres. Mais comme c'est un titre en « repêchage », ce n'est pas tous les membres de la recrue qui font un commentaire...
Allez donc faire un autre tour sur le site de la recrue du mois : www.larecrue.net
pour faire un choix de roman québécois à lire...
Vous pouvez également vous rendre sur le site de la maison d'édition, une jeune entreprise qui publie des romans originaux : http://www.editionsheliotrope.com/
Allez donc faire un autre tour sur le site de la recrue du mois : www.larecrue.net
pour faire un choix de roman québécois à lire...
Vous pouvez également vous rendre sur le site de la maison d'édition, une jeune entreprise qui publie des romans originaux : http://www.editionsheliotrope.com/
vendredi 15 janvier 2010
Nouvelle recrue
Je vous ai déjà parlé du site Internet La recrue du mois, qui met de l'avant des premiers romans québécois. Je fais maintenant partie de l'équipe de rédaction, et afficherai un commentaire, avec ceux des autres rédacteurs, sur un premier roman québécois, à chaque mois. De plus, il y a une section Repêchage, qui nous permet de faire des critiques d'autres premiers romans, qui n'ont pas été chosis comme recrues.
Dès aujourd'hui, vous pouvez lire nos commentaires sur le premier livre d'Olivia Tapiero, Les murs, publié chez VLB cet automne, qui a remporté le prix Robert-Cliche du premier roman. L'équipe de la recrue se penche donc sur cette première publication.
Pour un auteur, c'est génial que d'avoir plusieurs commentaires sur son oeuvre ! Je parle d'expérience, ayant été moi-même recrue du mois de novembre dernier... j'ai apprécié avoir tous ces commentaires sur mon livre. Cela permet un regard critique sur sa propre création... ce qui ne peut être que bénéfique, ensuite, dans la continuité de l'écriture.
Je considère également qu'il est important de lire nos recrues québécoises. Même si, bien sûr, nous pouvons continuer de lire nos classiques de partout dans le monde... !
Alors, c'est donc un rendez-vous qu'il ne faut ab-so-lu-ment pas manquer :
larecrue.net
vendredi 18 décembre 2009
J'aime, j'aime pas
J'aime «embarquer» dans un livre époustouflant. J'aime y croire. J'aime avoir une pile de livres à lire, et avoir vraiment envie de tous les lire. J'aime découvrir un nouvel auteur. J'aime lire les blogs, les revues, visiter les sites Internet des éditeurs que j'aime.
J'aime écrire. J'aime être stimulée.
J'aime que les vacances approchent et la possibilité de lectures, et d'écriture qu'elles apportent avec elle.
J'aime apprendre, être surprise, parfois choquée...
Mais je n'aime pas que les rumeurs d'un génocide nous parviennent, je n'aime pas l'idée qu'à l'autre bout du monde, on veuille tuer des milliers de gens et que, même si de grands livres ont été écrits sur le génocide du Rwanda (je pense beaucoup ces temps-ci à Murambi, le livre des ossements, magnifique et horrible, écrit d'une main de maître, carrément inoubliable), même si des films ont été faits, des documentaires, des reportages ; même si nous en avons parlé, des gens se sont rendus sur place, nous ont rapporté les événements... même si, malgré que... le plus terrible, encore une fois, est sur le point d'arriver.
Je n'aime pas imaginer - c'est peu dire - que des gens vont se faire assassiner par centaines.
Je suis sans mot devant ce qui risque d'arriver : le génocide de plusieurs homosexuels en Ouganda et au Rwanda. Et je ne peux me résigner, ce matin, à parler de mes lectures à venir, en cours.
Je m'arrête un instant, j'écris, je dénonce, je signe des pétitions, j'écris au Président de l'Ouganda.
Faites de même.
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