Je ne suis pas la première à dire : Ah, Paris !
Quelle belle ville... je l'adore.
Je reviens du Marché de la poésie de Paris, qui a eu lieu du 17 au 20 juin à la Place Saint-Sulpice, juste devant la belle église du même nom. Un grand nombre de stands se tenaient là, malgré le froid, la pluie, le vent... aïe! Beaucoup de poètes étaient présents. De belles rencontres.
J'ai profité de mon passage à Paris pour participer au projet sur la condition féminine de Marie-Hélène Le Ny. Elle rencontre des femmes, de différents horizons, fait un portrait, et enregistre leur lecture d'un texte qui les a marquées comme femmes. Sans être nécessairement féministe, ce projet se veut une façon de donner la parole aux femmes. On sait qu'encore aujourd'hui, elles n'ont pas cette liberté partout...
J'ai donc été dans l'atelier de Marie-Hélène Le Ny, et j'y ai lu le poème Adolescence, de Geneviève Amyot, qui chaque fois que je le lis m'émeut.
Je vous laisse d'ailleurs le lien vers le blog du projet :
http://femmesenmouvement.over-blog.com
Adolescence
Dans cet espace que tu as établi
désormais entre nos corps
Je me tiens
Je voyage
De la rigueur de tes ruptures
à l'inévitable de ma perte
je voyage
De tes désirs à mon inquiétude
De tes silences à ma nostalgie
De ta porte close à mes bras vidés
Je t'en prie
Laisse-moi t'aimer encore
comme on aime une petite fille
Encore un peu
Parfois
Dans la persistance heureuse
de nos complicités matrices
je voyage
Tu es belle je suis fatiguée
Pourtant encore si vive je me tiens
Ma jeunesse n'est pas perdue
puisqu'elle est en toi
De tes chants à ma joie je voyage
De tes sarcasme à mes fureurs
De ton amour troublé à mon amour
en désarroi
Ta jeunesse est une pudeur extrême
que je contemple du bout des cils
Tu te caches parchemin précieux
dans la nécessité de ton urne propre
Je me tiens
Sentinelle fragile
Ignorante
Ridée
De la splendeur de tes mouvances
à la ténacité de mes pertes je voyage
De mon enfance saccadée à la tienne
en miracle incomplet
De ta colère de mal entendue
à ma honte de répudiée
De mon sang qui s'en va
à ton sang qui s'en vient
Et je le bénirai
Que tu m'en montres ou non la couleur
je le bénirai
Ton premier livre t'en souviens-tu
C'était Une toute petite dame
Tu seras la première
La toute première dame
Je te bénirai
Puisque nous ne nous berçons plus
De tes danses à mon pas
je voyage
De tes grandeurs à mes gloires
De tes conjugaisons à mes poèmes
De mes espoirs à tes rêves
En cette nouvelle face pour l'amour
Méconnaissable de toute évidence
Dans le nécessité aveugle de l'arrachement
Dans le dur contentement du don
Je me tiens
Sentinelle forte
Fière
Fervente je me tiens
Je voyage
Silencieuse
Au plus ultime de tes feux
Toute l'oeuvre poétique de Geneviève Amyot est disponible aux Éditions du Noroît.
http://www.lenoroit.com/
jeudi 1 juillet 2010
mercredi 26 mai 2010
L'Immense abandon des plages à la radio française

Une chronique à propos de L'Immense abandon des plages à l'émission française « Des goûts et des couleurs », sur radio Notre-Dame. C'est l'émission du 30 avril 2010.
À la minute 35.00, Yves Chemla parle de L'Immense abandon des plages. Voici le lien :

Juste avant qu'il ne parle de mon livre, Monsieur Chemla parle de celui d'Emeline Pierre, également publié aux Éditions de la Pleine lune, Bleu d'orage.
samedi 22 mai 2010
Le tombeau d'hiver

J'avoue avoir d'abord été attirée par le titre, magnifique, poétique, et puis la couverture, que je trouve superbe. Je ne savais rien du Tombeau d'hiver, roman, que dis-je ! épopée publiée chez Alto, traduite par Dominique Fortier, dont le dernier livre, par ailleurs, m'attends sur ma table de chevet, Les larmes de saint Laurent.
Bref, j'ai commencé Le Tombeau d'hiver et me suis retrouvée dans le désert égyptien, avec Avery et Jeanne, qui s'aiment passionnément, qui aiment aussi partager leurs souvenirs, comme s'ils s'ouvraient l'un à l'autre, avec pudeur et désir. Ils sont à Abou Simbel, où Avery travaille à la reconstruction de deux temples égyptiens. Ainsi l'auteure parle-t-elle des ruines, de la préservation du passé, des destructions puis reconstructions de l'homme, des transformations des lieux que nous habitons, ou que certains sont forcés de quitter... Michaels nous entraîne du Nil vers le Saint-Laurent, en Égypte, au Canada ; elle nous fait rencontrer les nubiens - il est question du déplacement dont ils furent victimes dans les années 1960.
Les amoureux sont donc remplis, vivants, Jeanne est enceinte... ils demeurent sur un bateau, en Égypte, et réfléchissent à la reconstruction de ces temples... est-ce bien ? Est-ce bien de déplacer des peuples ? Des cours d'eau ? Ils se questionnent beaucoup, philosophent... parfois un peu trop à mon goût. Des gens pensent-ils vraiment ainsi ?
Nous rencontrons également Lucjan, racontant Varsovie durant la guerre.
Bref, nous faisons de beaux voyages avec Anne Michaels, qui écrit avec le souci du détail, qui brode, qui tisse, qui ne laisse rien au hasard.
Elle qui est aussi poète nous donne un récit superbement bien écrit, tout en nous apprenant un tas de choses sur l'histoire avec un grand H, mais aussi sur l'histoire des plantes, par exemple, à plus petite échelle.
Un livre à lire à petits coups, tant il y a de choses dans ces quelques 400 pages qui nous emmènent au bout du monde.
vendredi 21 mai 2010
Les femmes et la guerre
Je me demande pourquoi les propos du cardinal Ouellet m'ont donné le goût de lire Les femmes et la guerre, de Madeleine Gagnon. Peut-être pour me rappeler que les femmes savent être fortes et se battre, dans toutes sortes de situations. Et qu'elles n'ont pas fini de le faire, de toutes sortes de manières.
samedi 15 mai 2010
Jour de recrue !
Aujourd'hui, 15 mai, les commentaires de la recrue du mois paraissent ! Il faut voir ce qu'on pensé les lecteurs de J'écris parce que je chante mal, de Daniel Rondeau, publié chez Septentrion.
http://www.larecrue.net/
http://www.larecrue.net/
mardi 11 mai 2010
Dernier poème de L'Outre-vie
J'irai partout ailleurs
l'hirondelle la fumée les roses tropicales
c'est tout le matin ensemble
puis l'homme que l'on aime et que l'on oublie
je serai bien le jour
dans cette moisissure d'or
qui traîne dans toutes les capitales
et le tapis usé les ascenceurs
Je n'ai plus d'imagination
ni de souvenirs forcément
je regarde finir le monde
et naître mes désirs
Marie Uguay, L'Outre-vie
l'hirondelle la fumée les roses tropicales
c'est tout le matin ensemble
puis l'homme que l'on aime et que l'on oublie
je serai bien le jour
dans cette moisissure d'or
qui traîne dans toutes les capitales
et le tapis usé les ascenceurs
Je n'ai plus d'imagination
ni de souvenirs forcément
je regarde finir le monde
et naître mes désirs
Marie Uguay, L'Outre-vie
vendredi 7 mai 2010
Une deuxième fois
Deux mois, et on dirait que je n'ai pas écrit depuis des lustres. J'ai eu le temps d'aller au Salon du livre de Paris, où j'ai rencontré plein de gens super du milieu du livre. J'y ai présenté L'Immense abandon des plages, qui a été bien reçu en France. Un ma-gni-fi-que article de Michel Ménaché dans la revue Europe du mois de mars est paru juste à temps pour ma visite à Paris... un beau moment, franchement ! Ensuite, un petit détour par Bordeaux, où j'ai si bien mangé !
Ensuite, j'étais aussi au Salon du livre de Québec, pour le Noroît : là aussi, rencontres, lectures, salon, salon, salon...
Entre temps, j'ai lu deux livres superbes (eh ben j'en ai lu plus que deux, rassurez-vous, mais ils n'étaient pas tous superbes): L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery, excellent, surprenant, délicieux, drôle.... je l'ai lu à Paris, en plus, à l'hôtel, dans le métro... ! J'ai totalement «embarqué» dans l'univers des deux personnages si attachants.
J'ai aussi lu, pour une deuxième fois, Le premier jardin, d'Anne Hébert. Je l'avais lu au Cégep (en fait, sincèrement, dans l'autobus menant à Daytona Beach) alors que j'avais 18 ans. Je n'avais pas trop compris, je crois, tout le talent et la force des images que j'ai compris quand je l'ai lu cette semaine, à vingt-huit ans, dix ans presque exactement après ma première lecture. Quelle puissance d'évocation, quelle précision des images, quelle violence sourde dans ces mots parfaitement agencés !
Anne Hébert est pour moi un modèle dans l'écriture, je ne m'en suis jamais cachée. Ces temps-ci, il me prend le désir de relire ses livres que, pour la plupart, j'ai lu au cégep. Peut-être que je vieillis, peut-être que j'ai envie de me plonger dans son univers, poétique, violent, humain... en tout cas, je vous le suggère à tous. Pour moi, c'est chaque fois une lecture nourrissante.
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