jeudi 9 septembre 2010

Plongée


J'ai lu dernièrement La petite et le vieux, de Marie-Renée Lavoie. Je l'ai dévoré, j'ai vraiment adhéré à cet univers, complètement happée par la petite, le vieux, les personnages secondaires... même Lady Oscar, j'avais envie de la connaître ! L'auteure a vraiment su captiver son lecteur, et c'est une chose, mais elle le fait avec une écriture fluide, ça se lit tellement bien ! Et les dialogues, qu'il n'est pas si facile de rendre dynamiques, le sont totalement !

Vraiment, j'ai adoré Hélène et son univers. Rendez-vous sur le site de la recrue pour mon commentaire complet :

Vous ne serez pas déçus !


Sur ce, je retourne à Gabrielle Roy, dans laquelle je suis replongée depuis quelque temps. J'avais lu La montagne secrète au Cégep, mais je n'avais pas beaucoup aimé, je l'avoue... et là, j'y reviens, et ça fonctionne. Comme quoi il y a bien un «timing» pour la lecture, une prédisposition... enfin. Là, c'est mon moment Gabrielle Roy. Il y a des livres d'elle partout dans mon appartement !

Après La montagne secrète et La rivière sans repos ( non mais quel beau titre - et quel livre, quelle écriture... bref je me répète), je me lance dans Alexandre Chenevert ou bien La petite poule d'eau, j'hésite encore...

dimanche 15 août 2010

Trahir ou ne pas trahir, là est la question

La recrue du mois d'août est Agnès Gruda, qui vient de publier son premier recueil de nouvelles : Onze petites trahisons. Voyez ce que les membres de la Recrue en ont pensé sur le site : http://www.larecrue.net/
En voilà une, de critique, la mienne, à propos de ce livre :
Il nous est arrivé à tous de trahir, d'être trahi, ou pire : s'être trahi soi-même. Il y a là, vous dites-vous peut-être, matière à écrire. C'est ce qu'a fait Agnès Gruda - et d'une main de maître - dans ce premier recueil de nouvelles publié chez Boréal. Elle réussit à mettre en scène de façon toute naturelle ces trahisons qui, parfois, sont effectivement petites ; ou alors plus importantes, lourdes à porter. Comme celle de Sophie, la narratrice de « L'attente » qui, au chevet de sa mère, fera de percutantes révélations.
Il y a ces moments où l'on hésite ; ceux où tout pourrait changer, où l'on sait que tout va changer. Des instants avortés, qu'on a laissés passer : « Un instant qui ne pouvait plus revenir en arrière, juché au bord d'un geste inéluctable. » Des portes se ferment, s'ouvrent ; on y entre ou pas. Ce sont ces instants-là que Gruda capture - oui, elle les capture - avec sensibilité, acuité, justesse. Et l'écriture est à la hauteur : très juste également, fluide. Onze petites trahisons se lit bien, très bien même, et en même temps, on s'arrête après une nouvelle, pour réfléchir un peu. Question de rester, encore un moment, dans l'atmosphère que l'on vient de quitter, prégnante, crédible.
« Un prénom simple » a particulièrement attiré mon attention : une jeune adolescente se rend à un camp de vacances où elle changera beaucoup... c'est cela, le début de l'adolescence, me suis-je dit. On y croit. C'est comme le reste du recueil : les personnages sont bien ficelés, ils ont de l'épaisseur, de la densité. Ils sont si humains, terriblement humains : parfois décevants, parfois beaux, touchants, raisonnables, ou pas du tout...
Onze petites trahisons est donc à ajouter à votre liste de lectures à venir. Il y a de la maturité dans ces nouvelles, et à la fois une candeur indéniable : « Comment faire pour s'ouvrir sans tomber dans l'obscurité ? »

samedi 7 août 2010

Un livre pas policier


Il faut lire Seul le silence. Je ne saurais en dire trop sur Joseph Vaughan, personnage sensible et attachant que l'on suit de l'enfance jusqu'à l'âge adulte, alors que, toute sa vie, il sera hanté par des meurtres de petites filles qui ont eu lieu en Georgie, où il est né et a habité de longues années. Ces terribles drames le poursuivent, même jusqu'à New-York, ville vivante et dynamique dans laquelle il cherche à être écrivain, à l'instar de ceux qu'il a lus (Faulkner, Steinbeck....)... ah ! Je ne peux en dire plus, sinon que ce livre n'est pas complètement un roman policier : c'est une fresque, c'est le roman d'une vie ! L'écriture, fluide - la traduction est bonne - nous emporte dans la tête de Joseph, et nous pensons en même temps que lui, ressentons, espérons, avons peur...


Il ne faut pas en dire trop, il faut vous laisser découvrir toutes les subtilités du personnage, et du roman au complet, qui a comme trame de fond, entre autres, la seconde guerre mondiale. Quelle belle construction, à la fois sensible et efficace! Lisez donc Seul le silence, de R.J. Ellory !

vendredi 16 juillet 2010

Le mot du jour

Guilledou : n.m., (du vieux français guiler, tromper). Fam. Vieilli. Courir le guilledou : chercher des aventures amoureuses.

À utiliser avec parcimonie !

jeudi 15 juillet 2010

Jour de Recrue !


La Recrue du mois de juillet est Maxime Collins, avec son roman Comme si de rien n'était. Allez voir ce qu'en ont pensé les autres membres de la Recrue du mois: www.larecrue.net

Voici ma critique de ce livre.



Dire les « vraies affaires »

Quatre personnages loin de chez eux, en fuite, et en quête d'eux-mêmes. Quatre amis qui doivent se retrouver à Montréal. Chaque personnage a son chapitre, indépendant des autres, et les retrouvailles ont lieu dans la cinquième partie. Alors qu'ils sont à l'étranger, ils vivent diverses expériences, pas toujours très belles ni glorieuses, qui les transforment. Pourtant, lors de leur rencontre, ils font tous comme si de rien n'était...

Je crois que l'idée est bonne. L'auteur a choisi de découper un moment précis de la vie de ses personnages, tour à tour, pour les faire se retrouver, point culminant du récit. Pour cela, c'est réussi. Ils cachent leurs déboires, plutôt gênants - la plupart de ceux-ci ont un rapport avec la sexualité - incapables de se dire en face « les vraies affaires ». Il me semble qu'effectivement, cela arrive souvent chez plusieurs personnes... Il y a donc des moments d'une belle justesse dans ce livre. Pourtant, j'ai trouvé l'écriture somme toute scolaire: cela aurait pu être resserré à certains endroits, développé à d'autres. Et quelques clichés m'ont agacée.

Mais en dépit de ça, une chose est sûre : Comme si de rien n'était est un premier livre qui se lit bien, fluide et dynamique, avec ces quatre personnages qui se démènent, qui ne veulent qu'être heureux, dont on attend impatiemment les retrouvailles à la fin : le suspense fonctionne, on veut savoir (même si je m'en doutais, je voulais savoir)!

lundi 12 juillet 2010

Exactement

Des moments libres. Toute vie bien réglée a les siens, et qui ne sait pas les provoquer ne sait pas vivre. - Marguerite Yourcenar.

C'est exactement ça, oui.
Alors, provoquons !


vendredi 9 juillet 2010

Marie-Antoinette ?


Oui, oui, vous avez bien lu. Marie-Antoinette. Le film, sans hésitation, oui ! Et aussi, maintenant, le livre. Pas n'importe lequel. Celui d'Antonia Fraser, historienne anglaise.

J'ai dévoré ce livre. Je ne lis pas souvent de biographies - peut-être pas assez souvent, je ne sais pas - mais celle-ci m'a complètement happée. J'ai adoré le film de Sofia Coppola, et cela m'a donné le goût de lire le livre qui l'avait inspirée... j'ai complètement adhéré à l'univers dépeint par Fraser.

Mais quelle femme, cette Marie-Antoinette, qui a abandonné son pays pour faire sien la France ! On a parlé d'elle sans la connaître, et Antonia Fraser replace les choses en leur contexte, d'une écriture fluide, passionnante et passionnée. Vraiment ! On refait le parcours de l'adolescente, puis la femme qu'elle est devenue, les événements qui ont ponctué sa vie, comment, en tant que femme, dauphine, Autrichienne, Reine de France, passionnée, elle a vécu. Cette historienne et auteure aime son sujet, c'est clair. Il y a tout un travail dans ce livre que j'ai terminé alors que j'étais à Paris, éblouie. Par la force de caractère, le courage et la dignité de Marie-Antoinette.

Je lis vraiment de tout. Je n'ai pas toujours besoin d'apprendre quelque chose, pour apprécier un livre, une écriture, une atmosphère. Je n'ai besoin que d'un souffle, une voix, un talent. Eh bien, dans ce livre j'ai tout trouvé, tout !

Une petite lecture historique que je vous suggère, donc !