vendredi 5 mars 2010

Un petit vers ce matin...

La ville se déplie et s'irise de tout l'ample délassement de l'air.

Marie Uguay, « Poèmes en prose », Poèmes, Boréal, 2005.

Il est venu avec des anémones

Non mais ! Quel beau titre ! et quel beau livre !
J'ai été happée, comme on dit, par le livre de Lyne Richard, publié chez Québec Amérique. J'ai visité, l'espace de ces presque deux cents pages, Roses-sur-Mer. J'ai humé l'odeur des roses, persistante, magnifique et parfois écoeurante.
Les personnages, toujours au bord de la folie, m'ont touchée, victimes d'une espèce de malédiction : « Ici, à Roses-sur-Mer, on croit que la mer sort ses couteaux la nuit et vient trancher les cordes vocales de ceux qui n'ont plus assez de mots pour la douleur.»
Je n'ai pas été étonnée que Lyne Richard soit aussi poète : ces récits, ces « nouvelles » dont chaque personnage principal habite ou est de passage à Roses-sur-Mer, sont empreints d'une douce poésie. Les mots sont bien choisis, il y a quelque chose de magique, de berçant, de magnifique dans ces courts textes bien ficelés, prenants, touchants.
Je crois que j'attendais d'être à nouveau émue et transportée pour réécrire un commentaire de lecture... et voilà !
Et j'adore l'idée du titre : les anémones, oui, sont de belles plantes à fleurs, mais également des animaux marins carnivores...
Le titre représente parfaitement le contenu. C'est beau, ça coule, c'est significatif sans jamais être lourd.

vendredi 22 janvier 2010

Vu d'ici, tout est petit, de Nicolas Chalifour

Voyez ce que j'ai pensé de ce roman paru aux éditions Héliotrope, et dites-moi ce que vous en avez pensé... j'avoue être curieuse de l'opinion des autres. Mais comme c'est un titre en « repêchage », ce n'est pas tous les membres de la recrue qui font un commentaire...

Allez donc faire un autre tour sur le site de la recrue du mois : www.larecrue.net
pour faire un choix de roman québécois à lire...

Vous pouvez également vous rendre sur le site de la maison d'édition, une jeune entreprise qui publie des romans originaux : http://www.editionsheliotrope.com/



vendredi 15 janvier 2010

Nouvelle recrue

Je vous ai déjà parlé du site Internet La recrue du mois, qui met de l'avant des premiers romans québécois. Je fais maintenant partie de l'équipe de rédaction, et afficherai un commentaire, avec ceux des autres rédacteurs, sur un premier roman québécois, à chaque mois. De plus, il y a une section Repêchage, qui nous permet de faire des critiques d'autres premiers romans, qui n'ont pas été chosis comme recrues.


Dès aujourd'hui, vous pouvez lire nos commentaires sur le premier livre d'Olivia Tapiero, Les murs, publié chez VLB cet automne, qui a remporté le prix Robert-Cliche du premier roman. L'équipe de la recrue se penche donc sur cette première publication.


Pour un auteur, c'est génial que d'avoir plusieurs commentaires sur son oeuvre ! Je parle d'expérience, ayant été moi-même recrue du mois de novembre dernier... j'ai apprécié avoir tous ces commentaires sur mon livre. Cela permet un regard critique sur sa propre création... ce qui ne peut être que bénéfique, ensuite, dans la continuité de l'écriture.



Je considère également qu'il est important de lire nos recrues québécoises. Même si, bien sûr, nous pouvons continuer de lire nos classiques de partout dans le monde... !


Alors, c'est donc un rendez-vous qu'il ne faut ab-so-lu-ment pas manquer :
larecrue.net

vendredi 18 décembre 2009

J'aime, j'aime pas

J'aime «embarquer» dans un livre époustouflant. J'aime y croire. J'aime avoir une pile de livres à lire, et avoir vraiment envie de tous les lire. J'aime découvrir un nouvel auteur. J'aime lire les blogs, les revues, visiter les sites Internet des éditeurs que j'aime.
J'aime écrire. J'aime être stimulée.
J'aime que les vacances approchent et la possibilité de lectures, et d'écriture qu'elles apportent avec elle.
J'aime apprendre, être surprise, parfois choquée...
Mais je n'aime pas que les rumeurs d'un génocide nous parviennent, je n'aime pas l'idée qu'à l'autre bout du monde, on veuille tuer des milliers de gens et que, même si de grands livres ont été écrits sur le génocide du Rwanda (je pense beaucoup ces temps-ci à Murambi, le livre des ossements, magnifique et horrible, écrit d'une main de maître, carrément inoubliable), même si des films ont été faits, des documentaires, des reportages ; même si nous en avons parlé, des gens se sont rendus sur place, nous ont rapporté les événements... même si, malgré que... le plus terrible, encore une fois, est sur le point d'arriver.
Je n'aime pas imaginer - c'est peu dire - que des gens vont se faire assassiner par centaines.
Je suis sans mot devant ce qui risque d'arriver : le génocide de plusieurs homosexuels en Ouganda et au Rwanda. Et je ne peux me résigner, ce matin, à parler de mes lectures à venir, en cours.
Je m'arrête un instant, j'écris, je dénonce, je signe des pétitions, j'écris au Président de l'Ouganda.
Faites de même.

lundi 30 novembre 2009

Post-salon

Dans ce monde aux airs d'apocalypse d'après-Salon, je reviens avec dix livres sous le bras, cent titres en tête, encore plus de regards croisés et de mains serrées.

Le Salon, ça bouge, quand il y a du monde ( le mercredi et le jeudi étaient les journées parfaites pour magasiner tranquillement, errer dans les larges allées pratiquement vides tant il n'y avait personne).

Quand il y a beaucoup de visiteurs, la foule se fait porter par un mouvement décidé de personne, ou de tous. On ne sait plus trop. Comme le samedi et le dimanche. De notre table, à la croisée des chemins, au stand du Noroît, nous avons vu les gens se presser, attendre, pousser. Ce que j'en retiens, à part les cris des enfants, le bruit de la foule et ses heurts, ce sont les personnes rencontrées, ou revues. Et ça, ça vaut bien le détour à travers une masse de gens inconnus...

... et des connus. En effet, il me semble qu'on entend toujours parler des mêmes auteurs lors de ces salons. Ne serait-il pas agréable de présenter les exposants, auteurs et invités avec plus de nuance et de variété ? Sinon, le tout fait penser à un repas réchauffé, les salons se suivent et se ressemblent...



Les filles


Un mot rapide sur une de mes dernières lectures de boulimique : Les filles, de Lori Lansens, traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, que j'ai adoré, dont j'ai grugé les centaines de pages qui m'ont glissé des mains pour ensuite m'abandonner, me laisser à moi-même, alors que je m'étais attachée et habituée à Rose et Ruby.

Vous pouvez me dire que tout le monde en a déjà parlé, que je ne suis pas originale, que voulez-vous que j'y fasse, j'ai aimé, l'histoire m'a prise, pour ne me rendre à moi-même qu'une fois les aventures de ces jumelles, inoubliables, terminées.
Fin.

mardi 17 novembre 2009

Finalement

Les lauréats du prix du Gouverneur général ont été annoncés ce matin.
Je serai franche : je suis nulle pour les prédictions. Absolument aucune ne s'est réalisée. Il me faudra bien me réorienter.

Ceci dit, je suis bien heureuse de voir Discours sur la tombe de l'idiot remporter la palme ; un excellent premier roman (jamais on ne croirait que c'est le premier !). Plongez dans cet univers prenant, déstabilisant, et parfois très tordu. Écrit d'une main de maître, oserais-je dire.

Je ne me pencherai pas sur le cas de La Veuve, dont les traducteurs n'ont pas gagné le PGG. Un petit pincement. Ce qui ne m'empêchera pas de l'adorer. Et d'aller voir ce que la lauréate a écrit... on ne sait jamais où certaines curiosités peuvent nous mener.